LES CINQ DERNIERES MINUTES.

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Si il y a bien une série qui a marqué mon enfance, c’est celle ci.

Une réèlle prouesse pour l’époque, car contrairement à ce que l’on croit souvent, l’émission était tournée en direct. Incroyable mais rigoureusement exact. Comme dans les films de Maigret, scénarisés à partir des romans de Simenon, les enquêtes du commissaire Bourrel se déroulaient dans des milieux socio-professionnels très identifiés. Souvent des métiers populaires de l’époque (ouvriers, commercants, forains), rarement chez des professions libérales, ce qui ajoute à la dimension sociétale de l’ensemble.

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« Vous allez assister à un drame policier, un crime a été commis, l’inspecteur enquête, mais au moment où il va découvrir l’assassin, l’émission s’arrête. Dans un coin du studio, il y a trois ou quatre spécialistes du roman policier qui sont devant un récepteur, ils ont tout suivi attentivement, et c’est vers eux maintenant que la caméra se tourne, à eux de trouver le coupable, à vous aussi bien entendu… »

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C’est par cet article paru dans Radio-Télé 59 que fut annoncé LES CINQ DERNIERES MINUTES, la première grande série policière de la télévision française…

La diffusion de la première émission intitulée La clé de l’énigme eut lieu le mercredi 1er janvier 1958 à 20 h 15 précises. Ce qui est incroyable, peu connu mais rigoureusement exact, c’est que l’émission était entièrement réalisée en direct par Claude Loursais.

Deux candidats totalement amateurs étaient chargés de trouver la clé de l’énigme. Ils étaient placés au début de l’émission dans des cabines séparées, devant des moniteurs, afin de suivre, comme le téléspectateur, le déroulement de l’enquête.

L’émission durait 40 minutes ; cinq minutes avant la fin, l’inspecteur allait rejoindre les deux candidats et leur proposait de faire repasser trois séquences qui pouvaient leur permettre de trouver l’indice qui trahissait l’assassin.

Cette dernière partie de l’émission était un tour de force: chaque comédien devait rejoindre au plus vite le décor correspondant à la scène demandée et la rejouer aussitôt !

Raymond Souplex devait être capable d’improviser, de répondre aux questions des candidats et éventuellement à leur objections… L’émission et son principe furent bien accueillis par les critiques et le public.

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Le direct : Les cinq dernières minutes étaient des dramatiques vidéo en direct sans inserts filmés qui exigeaient souvent des véritables exploits de la part des comédiens et des techniciens : lors de l’épisode « Qui trop embrasse » en novembre 1960, l’émission fut interrompue à deux reprises parce que l’actrice Janine Crespin n’avait pas eu le temps de changer de costumes et manquait son entrée !

L’intervention de scènes vidéo poussa ainsi le réalisateur Claude Loursais à éliminer à leur tour les candidats et l’émission devint une dramatique à part entière où, à la fin, Raymond Souplex (l’acteur qui interprétait le Commissaire Bourrel), après son fameux « Bon Dieu, mais c’est bien sûr », se contentait de pointer le doigt vers le téléspectateur en lui disant qu’il avait sûrement découvert l’indice que lui-même venait de découvrir : « rappelez-vous »…ajoutait-il… et l’on revoyait les scènes révélatrices.

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Enfin, cette série a immortalisé un thème de jazz composé par Marc Lanjean, “Arsenic Blues”. Superbe ! C’est ce thème que vous entendez sur le générique du clip ci-dessus. Orchestration très simple, thème à la trompette, à laquelle le Cor anglais- instrument baroque, assez rare en jazz – donne une couleur un peu « vieillote », et terriblement efficace, sur un rythme qui me semble être une sorte de 4/5

Suivre Frédéric Poitou:

Frédéric Poitou est né à Rouen, et y a fait des études au Conservatoire en musique-études en section piano. Il s'est ensuite orienté vers des études scientifiques où il a obtenu un diplôme d'ingénieur, puis un doctorat en Chimie. Il est Expert Judiciaire en France, en Belgique et à Luxembourg, et agrée par les Institutions Européennes.

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