Jacques : Pas Poitou, Chirac.

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C’est fou le nombre de politiques qui, à l’approche des municipales, se réclament de l’héritage de Jacques Chirac !

Ma première carte politique fut dans son parti en 1980, fasciné que j’étais par sa gouaille, sa volonté, son dynamisme. Rapidement je revenais vers des horizons plus centristes, que son parti n’incarnait pas, alors que lui, curieusement, avait tout d’un radical-socialiste, un « rad-soc » de l’époque.

En réalité, c’est un putch sur le Parti Radical de Jean-Jacques Servan-Schreiber qu’il aurait du tenter à l’époque. Le Parti Radical de l’époque n’aurait pas explosé en deux, renvoyant les radicaux de gauche vers le Parti socialiste. Ce faisant, en s’alliant avec Lecanuet et son « MR’ (pas le belge, le français !), il créait un espace de centre droit alors béant, que personne n’aurait pu lui contester.

Mais cette stratégie nous aurait peut être privé d’un très grand Président, Valery Giscard-d’Estaing, car elle aurait peut être tué dans l’oeuf feu l’UDF.

Le Chirac était affable, bonhomme, tueur politique, autant traître qu’il fut trahi, et son oeuvre politique n’est finalement pas énorme. IL était probablement meilleur en campagne, qu’à diriger le pays.

Mais on lui doit malgré tout quelques perles sorties d’un coeur très humain, profondément respectueux des petites gens, et un regard porté vers le handicap, les minorités, une aversion pour l’antisémitisme et le racisme, ainsi qu’une capacité à s’entourer de porteurs d’idées politiques différentes des siennes qui rappelle finalement assez le Général de Gaulle.

Quand on a été confronté au handicap, la trisomie de la fille du Général de Gaulle, l’anorexie de la fille de Jacques Chirac, on est sensible aux difficultés de l’autre et on se met à son écoute, au delà – bien au delà – des dogmes partisans. Et c’est là toute la grandeur de ceux des hommes politiques qui ont osé franchir le rubicon de ce qui est plus important que leur parti : Les conséquences sur la politique qu’ils ont mis en oeuvre de la douleur qui leur a été imposée par ceux des leurs qui souffraient.

Me concernant, c’est peut être l’héritage transmis par Jacques. Pas Poitou, disparu en 1971, Chirac disparu hier.

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Frédéric Poitou est né à Rouen, et y a fait des études au Conservatoire en musique-études en section piano. Il s'est ensuite orienté vers des études scientifiques où il a obtenu un diplôme d'ingénieur, puis un doctorat en Chimie. Il est Expert Judiciaire en France, en Belgique et à Luxembourg, et agrée par les Institutions Européennes.